Les leviers de financement public existants pour les prestataires informatiques

 

Les prestataires informatiques peuvent bénéficier du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) et du Crédit d’Impôt Innovation (CII) sur les développements qu’ils réalisent pour le compte de leurs clients.

Il peut s’agir d’ESN, d’intégrateurs de logiciels (SAP, SAGE, Salesforces,…), d’agences web et mobiles, et de conseils en transformation numérique, entre autres.

Contrairement à une idée reçue, le CIR/CII ne concerne pas uniquement les éditeurs de logiciels dans le domaine informatique mais également les prestataires dès lors qu’ils ne sont pas agréés. Qu’ils soient en mode régie ou au forfait ; leurs développements peuvent être valorisés.

Le CIR/CII finance une part significative des développements réalisés et réduit les charges salariales impliquées. Cette newsletter a pour but de détailler les différents projets de R&D et d’innovation éligibles et d’étudier comment valoriser au mieux le CIR/CII pour les prestataires informatiques (intercontrats, missions en mode régie ou au forfait,…).

 

Vos développements technologiques peuvent être financées jusqu’à 30% par le CIR et le CII

 

Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR), créé en 1983, est un dispositif financier phare du gouvernement qui permet de soutenir les entreprises françaises dans leurs activités de recherche et développement (R&D). Il permet de récupérer 30% des dépenses engagées jusqu’à 100 M€ et 5% au-delà.

Le Crédit d’Impôt Innovation (CII), introduit en 2013, complète ce dispositif et cible spécifiquement les PME innovantes. Il ne requiert pas de réaliser des activités de recherche mais exclusivement d’innovation. Il permet de récupérer 20% des dépenses engagées et est plafonné à 80 K€/an.

La principale différence entre le CIR et le CII réside dans leur champ d’application :

  • Le CIR s’adresse à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et couvre un large spectre d’activités de R&D (recherche fondamentale, appliquée ou expérimentale). Il nécessite le développement de nouvelles connaissances dans un domaine (techniques, méthodes, modèles, procédés,…) ;
  • Le CII est réservé aux PME. Il se concentre sur l’innovation de marché et ne nécessite pas de réaliser des activités de R&D ; seul le développement de produits différenciants dans un marché suffit (matériels et logiciels ; internes et sur mesure).

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Le CIR/CII pour les prestataires informatiques

 

1. Les indicateurs

Le secteur informatique concentre une part significative du CIR/CII. En 2021, il représentait environ 15,3% du total de la créance de CIR et 48,3% du CII. En d’autres termes, près d’1/3 de la créance de CIR et la moitié du CII vont à des activités de développement logiciel. Cela représente environ 10 000 entreprises déclarantes pour le CII et 23 000 pour le CIR.

En ce qui concerne les volumes déclarés, ils représentent1 Md€ de CIR et ≈ 170 M€ de CII.

 

2. Panorama des activités et éligibilité

L’éligibilité des prestataires informatiques au CIR/CII ne dépend pas de leur typologie (ESN, intégrateur de logiciel, agence web et mobiles, et conseil en transformation numérique) mais de la nature des travaux réalisés.

Le CIR/CII couvre toute la chaîne de développement logiciel et est parfaitement adapté aux activités des prestataires informatiques. Il s’agit des phases de R&D en amont, de la conception détaillée et des spécifications fonctionnelles, des tâches de programmation informatique, de recettage et de maintenance évolutive, et les activités de chefferie et de pilotage de projet.

Précision importante : Le développement continue est éligible au CII. Contrairement à une idée reçue, le CII ne récompense pas uniquement la première version d’un logiciel. Les nouvelles versions itératives (V2, V3…) d’un produit sont éligibles si elles apportent une amélioration par rapport à la version précédente et à l’offre concurrente. Ainsi, les développements continus des équipes en régie ou au forfait pour ajouter des fonctionnalités, améliorer les performances ou l’ergonomie d’un logiciel sont éligibles au CII chaque année. En revanche, les corrections de bugs et les adaptations mineures ne sont pas concernées.

Le CII finance majoritairement les logiciels de gestion : il peut s’agir, entre autres, d’un logiciel métiers SaaS, d’une plateforme backoffice, de middleware, de frameworks, d’IHM (interfaces homme-machine), d’outils de supervision, d’API ou de modules complémentaires sur des ERP.

Le CIR quant à lui finance les développements transverses et nécessaires au développement de ces logiciels, comme de nouvelles techniques algorithmiques, de nouvelles méthodes d’extraction de données ou de nouveaux modèles de classification de données, entre autres.

 

3.Mode régie et forfait : les deux sont éligibles

Le mode contractuel (régie ou forfait) n’impacte pas l’éligibilité au CIR/CII des prestataires informatiques.

Missions en mode régie

Il est possible de valoriser les temps passés des consultants aux développements de produits innovants ou d’activités de recherche réalisés chez les clients (développement logiciel, conception d’architectures techniques, chefferie de projet, expérimentation algorithmique, tests et validation de logiciels,…) ; hors tâches classiques (maintenance standard, infogérance,…).

Dans le cas de la régie, il est nécessaire de documenter au fil de l’eau (pendant la réalisation de la mission) les éléments nécessaires à la valorisation, à la sécurisation et la défense du CIR/CII.

Projets au forfait

Dans les projets au forfait sont éligibles dès lors qu’ils concernent le développement de logiciels différenciants ou de nouvelles connaissances informatiques.

Dans ce cas, les prestataires informatiques prennent en charge l’ensemble de la chaîne de développement (conception, architecture, développement, intégration et mise en service) et tous les salariés impliqués peuvent être valorisés.

Les travaux réalisés au forfait sont en règle générale mieux documentés que ceux en régie (maitrise totale du projet et donc du suivi des temps passé, de la documentation technique, des différenciateurs produits, des contraintes techniques,…).

 

4. Intercontrat : transformer les périodes non facturées en projets financés

Les périodes d’intercontrat – entre deux missions clients – représentent un enjeu majeur de gestion des ressources humaines et de coûts pour les prestataires informatiques.

Ces périodes peuvent être valorisées en projets internes d’innovation et de R&D. Elles permettant (i) de maintenir les compétences techniques des équipes, (ii) d’augmenter les dépenses éligibles au CIR/CII et (iii) de réduire les coûts inhérents aux périodes d’inactivités.

Les collaborateurs peuvent être mobilisés sur le développement de logiciels propres, de frameworks et d’outils internes, ou de nouvelles connaissances en informatique (IA, cybersécurité, sciences de la donnée,…).

 

5. Focus par typologie et prestataire informatique

ESN (Entreprises de Services du Numérique)

Les ESN accompagnent les organisations publiques et privées dans le développements de leurs systèmes informatiques. Il peut s’agir d’ESN généralistes ou expertes techniques (en développement logiciel, en cybersécurité, en infrastructures cloud, en intelligence décisionnelle, en sciences des données,…).

Leurs équipes regroupent des développeurs, des architectes logiciels, des ingénieurs données, des experts en cybersécurité,… qui participent activement au développement de logiciels et de systèmes complexes.

Les projets éligibles peuvent prendre plusieurs formes parmi lesquels :

  • au CII: le développement d’applicatifs métiers, d’API ou de web services, de modules complémentaires, de solution BI ou de visualisation de la donnée, de plateformes SaaS et d’applicatifs pour utilisateurs finaux ;
  • au CIR : le développement de nouvelles techniques algorithmiques, de méthodes d’extraction ou de traitement de données, de modèles de classification ou d’apprentissage automatique, de systèmes avancés de cybersécurité ou d’authentification, ou de méthodes d’optimisation d’architectures cloud ou distribuées.

Précision : la sous-traitance en rang 1 (directement auprès du client) ou rang 2 (par un intermédiaire) n’impacte pas l’éligibilité au CIR/CII des développements réalisés.

 

Intégrateurs de logiciels (SAP, SAGE, Salesforces,…)

Les intégrateurs accompagnent les entreprises dans le déploiement et l’adaptation de solutions logicielles aux processus spécifiques de leurs clients.

Leur rôle consiste à développer des solutions sur mesure, qui dépassent dans de nombreux cas le simple paramétrage des logiciels et impliquent le développement de modules complémentaires, d’applicatifs de mobilité, d’extensions fonctionnelles ou de connecteurs entre différents systèmes d’information.

Ces travaux sont éligibles au CIR/CII lorsqu’ils créés de nouvelles fonctionnalités, améliorent les performances existante ou l’architecture des solutions vis-à-vis du socle initial.

Précision : l’une des particularité des intégrateurs est le fait que les briques développées initialement pour le compte d’un client peuvent être réutilisées sur d’autres ; les faisant donc devenir des éditeurs de logiciels.

 

Agences web et mobile

Les agences web et mobile développent des applications numériques. Elles interviennent souvent dans le développements d’applicatifs métiers ou de communication. Ces projets impliquent des travaux de conception détaillée, de spécifications fonctionnelles et de programmation informatique.

Dans certains cas, les agences développent également leurs propres outils technologiques, comme des frameworks ou solutions des extensions de logiciels de développements pour améliorer leurs capacités de production ou les commercialiser à leurs clients.

Tous ces développements sont éligibles s’ils sont différenciants (CII) ou impliquent le développement de nouvelles connaissances informatiques (CIR).

 

Conseil en transformation numérique

Les conseil en transformation numérique accompagnent les organisations dans la numérisation de leurs processus métiers et leur évolution technologique.

Ces cabinets sont éligibles au CII en amont de l’innovation en participant aux phases de cadrage, de spécifications fonctionnelles et de conception détaillée ; bien qu’ils ne soient pas impliqués dans les activités de programmation informatique (réalisées par leurs donneurs d’ordre).

 

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Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) et le Crédit d’Impôt Innovation (CII) représentent des leviers financiers majeurs pour les éditeurs de logiciels, leur permettant de soutenir et d’accélérer leurs projets de R&D et d’innovation. Ces dispositifs couvrent un large spectre d’activités et touchent des secteurs aussi variés que la santé, l’industrie, le commerce, la finance et la smart city.

Pourtant, le CIR/CII reste encore sous-exploité dans le secteur. En 2021, le secteur informatique représentait environ 15,3 % du total de la créance de CIR et 48,3 % du CII. De nombreuses entreprises qui réalisent des développements éligibles n’en bénéficient pas, alors qu’elles pourraient récupérer des financements significatifs pour soutenir leurs projets.

 

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